
En septembre 2007, en partant du Québec, j’avais promis que je reviendrai. J’aime ce peuple, né d’un pari utopique, de l’exil et de la rencontre. Au-delà de l’hiver et du doute, avais-je dit à l’époque, quatre siècles durant, il a tenu bon. Arrimés à cette langue de France, les Québécois ont su traverser les épreuves du temps et connaissent le prix des mots. Je salue, une fois encore leur courage et je tiens ma promesse.
C’est pour célébrer ensemble notre histoire commune que je me rends, aujourd’hui même, à Québec. Voilà 400 ans que Samuel de Champlain, né à Brouage dans ce qui est aujourd’hui la Charente-Maritime, a quitté les rives françaises pour découvrir le Nouveau monde et fonder la ville de Québec. C’est du Poitou, de la Charente, puis de Normandie et d’île-de-France, que, par centaines, des femmes et des hommes allèrent inventer la Nouvelle France. Voilà pourquoi, en tant que co-présidente des festivités du « 400ème », comme le disent les Québécois, je m’envole aujourd’hui pour rejoindre les descendants des habitants de ma région.
Nous n’avons jamais rompu les liens forts qui unissent le Québec et la France. Et c’est particulièrement pour conclure quatre ans de travail entre les Régions de France et le gouvernement québécois, dont la Région Poitou-Charentes est chef de file, que je traverse, une fois encore, l’Atlantique.
Le 8 mai 2008, le maire de la capitale québécoise, Régis Labeaume, nous avait déjà rendu visite à La Rochelle pour inaugurer le Centre d’interprétation sur la migration française vers la Nouvelle-France dans la Tour de la Chaîne, le jour où nous avons aussi baptisé le départ de la « Grande traversée de l’Atlantique », une flotte de navires qui devaient rejoindre Québec deux mois plus tard. Il y a quatre cents ans, c’était aussi de ce magnifique port que partaient les immigrants poitevins et charentais qui allaient peupler la Nouvelle France et ont, aujourd’hui, transmis leurs noms à plus d’un Québécois sur six.
Il est donc tout à fait naturel qu’en tant que présidente de la Région Poitou-Charentes (et sans compter l’amitié qui me lie à la province québécoise), j’ai été conviée à Québec, il y a un an déjà, par le gouvernement et les élus de la capitale, pour assister à leurs côtés aux célébrations du 3juillet.
Je vous donnerai de mes nouvelles depuis ces « quelques arpents de neige », dont parlait Voltaire pour justifier l’abandon de la Nouvelle-France – neige tout à fait fondue à cette époque de l’année évidemment et « arpents » qui ont vu émerger une société moderne souvent citée en exemple, dont nous, Français, sommes plus que jamais proches.