
A) Le constat
L’électorat
La déconnexion des catégories modestes, malédiction qui frappe notre parti depuis plus de dix ans, doit prendre fin !
En effet, comment vaincre, à gauche, sans ces voix-là ? Les 7 millions d'employés et les 7 millions d'ouvriers représentent un quart des électeurs.
Or, peu à peu, ces catégories populaires sont devenues minoritaires dans notre électorat.
Ainsi, en 1978, un tiers des électeurs socialistes sont des ouvriers.
En 1981, 74% des ouvriers votent pour Mitterrand et 44% votent socialistes aux législatives de la même année.
En 1984, un quart de l'électorat socialiste est ouvrier, 10% aux européennes de 1994, le 21 avril 2002, Lionel Jospin ne récolté que 13% des suffrages ouvriers et Ségolène Royal en 2007 atteint quand même 20% du vote ouvrier.
Ces dernières années Il est arrivé aux classes populaires de voter pour le PS, mais ce fut souvent en « instrumentalisant » le parti pour chasser le gouvernement en place», comme aux législatives de 1997, aux régionales de 2004 et aux dernières municipales de 2008.
Pour nos futurs succès nous devons absolument reconquérir une grande partie de cet électorat .
Il faut que ce vote soit significatif d’une adhésion à notre projet et à nos valeurs et non un vote de rejet du pouvoir en place.
Nous sommes également convaincus que la « classe » que l’on considère encore « moyenne » sur laquelle s’appuie aujourd’hui le PS est en grand péril et devient donc une force électorale fragile et insuffisante pour gagner durablement.
Elle est en outre moins ancrée à gauche qu'on peut le penser, car elle est en voie d'éclatement et largement pénétrée par la tendance individualiste dominante.
Les déçus de la classe moyenne qui constitueront ( si le PS ne s’implique pas à fond dans une démarche de reconquête des couches populaires ) alors la frange "supérieure" des déshérités
Ils vivront alors une grande déception et seront sans doute enclins à bouder la politique ou à changer de camp, à l’instar de ce que nous constatons aujourd’hui pour les ouvriers.
Il faut donc, puisqu'il en est encore temps, choisir son camp, soutenir les plus faibles pour permettre à la grande majorité des français d'améliorer leurs conditions de vie économique, leurs possibilités d'accès à la culture, et de conserver l’espoir dans le changement et le progrès social.
Ceci permettra sans doute de préserver la « classe moyenne » unie en maintenant des passerelles de progrès entre les couches de la société qui feront que l’ascenseur social indispensable à la sauvegarde de la démocratie puisse à nouveau fonctionner.
Il appartient donc à la grande majorité des militants PS d'aujourd'hui de s’orienter sans faiblesse et sans arrière pensée vers une reconquête du peuple dans son ensemble.
Le Parti
Pour ce qui concerne le Parti Socialiste lui-même, on constate que, d’une manière générale, les adhérents socialistes possèdent plutôt un bon niveau de formation :
Alors que 30% de la population française a un niveau d’étude égal ou supérieur au bac, ils sont plus de 60% dans les rangs socialistes.
Le milieu populaire ne vient pas vers notre parti car il se sent souvent (à tort) illégitime et inferieur intellectuellement.
Enfin la proportion des adhérents qui travaillent dans le secteur public est majoritaire par rapport à ceux qui oeuvrent dans le secteur privé, ce qui présente l’inconvénient de ne pas appréhender facilement les problématiques de tous les secteurs de l’économie.
Tous les facteurs énoncés plus haut contribuent s à expliquer pour une bonne part le nombre relativement faible d’adhérents que compte le PS .
Le constat est édifiant et nous invite par conséquent à accomplir les efforts nécessaires pour donner envie d’adhérer au PS.
Il nous manque en effet des femmes, des jeunes, des employés et des ouvriers…
En fait il nous manque cette France « de tous les jours »« qui est exceptionnellement venue massivement voter à l’élection présidentielle de 2007 dans un ultime sursaut de vie.
Le nouveau projet que nous construirons ensemble devra insuffler l’envie et pour cela il devra sans aucun doute s’adresser, non pas uniquement, mais en priorité cependant aux « classes moyennes inférieures » et aux milieux populaires, précisément ceux qui, aujourd’hui tendent à désespèrer de la politique.
Rappelons nous un instant combien fut riche la décennie 1970 dans le parti d’Epinay.
Le nombre des adhérents avait doublé et le renouveau militant était indéniable.
Les contacts avec les syndicats et les associations se multipliaient et le Parti Socialiste ouvrait alors grandes ses portes.
Le résultat de cet élan et de ce changement radical au sein de notre parti fut la victoire à l’élection présidentielle :
la seule à ce jour !.
Certes l’histoire ne se répète jamais exactement, mais elle nous aide à comprendre l’avenir pour mieux adapter notre stratégie.
Les Elites du PS
La grande majorité des membres de nos instances nationales appartient aux classes supérieures.
Même inconsciemment, nos dirigeants ont ainsi une certaine vision du monde, partagent un habitus similaire et ont souvent malgré eux une représentation commune des classes populaires.
L’augmentation du nombre d’énarques et de hauts fonctionnaires au sein des instances nationales contribue aussi à une forte technicisation du discours qui le rend peu lisible.
En outre, notre parti est un parti d’élus. En 1998, plus d’un tiers des adhérents socialistes avait détenu ou détenait un mandat, ce qui tend à professionnaliser le parti, au détriment de la vie militante. Les principaux élus municipaux sont, pour beaucoup d’entre eux, en place depuis plus de 30 ans)
Le PS ne réunit donc pas dans son état actuel les conditions formelles pour voir les milieux populaires s’identifier à lui.
Nous pouvons même prédire que la pérennité du rôle des « élites »du PS (reconnues par tous comme faisant partie légitimement et sincèrement du camp de la gauche) implique qu’elles adoptent une démarche de rassemblement populaire sauf à ce qu’elles soient en fin de compte rejetées, à juste titre, par la base qui sera alors tentée de se disperser tantôt à l’extrême gauche, tantôt à l’extrême droite ou se réfugier dans l’abstention.
Le déficit de cadres issus des milieux populaires est inquiétant pour l’avenir car nous ne construirons nos
victoires futures qu’avec l’appui de militants résidant dans les quartiers populaires susceptibles de mieux
pouvoir convaincre autour d’eux.
B) Les remèdes en dix points
Notre volonté n’est certainement pas de rejeter certaines couches de la population ou certaines catégories socio-professionnelles mais bien au contraire d ‘élargir notre base et de recruter sur des valeurs de gauche sociales tout autant que sociétales.
Nous proposons donc de :
Rénover et moderniser notre communication politique envers les milieux populaires en la simplifiant et en priorisant les messages à caractère social ( salaire , emploi , sécurité professionnelle, respect du salarié, sécurité sociale , retraites, logement, transports, services sociaux, éducation, non discriminations etc…).
Organiser une sensibilisation particulière des jeunes par une communication politique spécifique auprès des apprentis, des ouvriers, des lycéens des établissements professionnels, des jeunes chômeurs, des jeunes immigrés.
Mettre en place des actions spécifiques et un discours adapté au monde des salariés des entreprises du secteur privé notamment auprès des salariés des PME, TPE, du commerce et des services qui sont souvent privés dans les faits de représentation syndicale ou du personnel.
Favoriser l'émergence de responsables issus des milieux populaires :
en confiant par exemple des postes de responsabilité à des non élus de la
République (moins de cumul des mandats PS et Républicains )
Mieux aider et encadrer les relais militants dans les quartiers.
Mettre en relation les diverses couches sociales au sein du PS pour faciliter la compréhension et le respect :
- en organisant au sein du PS des formations à la culture économique pour certains
( fonctionnaires, ouvriers, employés...)
- en mettant en place des journées de sensibilisation fortes aux difficultés économiques et sociales du quotidien pour ceux qui les pressentent certes de bonne foi mais bien souvent essentiellement au travers de la littérature et de des médias (cadres du privé et du public, professions libérales, intellectuels... etc..).
Créer des opérations Porte ouverte dans les sections afin d’améliorer l’attractivité de notre parti :
Valoriser à cette occasion les résultats obtenus par la gauche au pouvoir, notamment dans les territoires, rappeler les conquêtes et les luttes historiques, dénoncer la spéculation et les méfaits du libéralisme débridé etc....
Faire en sorte que dans chaque ville socialiste un élu, qu'il soit dans la majorité ou l'opposition, soit au plus près des préoccupations et à l'écoute des milieux populaires et puisse remonter les attentes et faire valoir les propositions et les actions du PS .
Créer une grande campagne nationale d’adhésion ciblée sur les milieux populaires afin de réactiver les relais militants !
Faire mieux en sorte que le montant de la cotisation ne soit pas un frein pour les couches les plus défavorisées.
Commentaires
REDEVENEZ SOCIALISTES
Redevenez socialistes ou gardez que liste et enlevez social parce que savoir, si ce sera Segolene, Bertrand, François,Laurent, n'engendre rien pour ceux qui attendent une relance du pouvoir d'achat! Les grands discours ne remplissent pas les assiettes si ce n'est celle des impôts!Je ne ressens pas de grandes oppositions franches à l'orientation politique de cette droite qui nous lapide... Où sont les grandes luttes d'antan, les défilés monumentaux capables de faire trembler les pouvoirs? Là, on assiste à des guerres internes laissant ce pouvoir avancer dans ses réformes pour "les riches" sans que l'opposition amorce de véritables fortes oppositions! A croire qu'on le soutiendrait presque ce gouvernement...C'est vrai que vous politiques vous n'êtes pas les "plus pauvres" et que ce sont les exclus et précaires pour le moment qui couchent dehors et mangent pas à leur faim! Allez leur demander après de se mobiliser... Attention à ce jeu là tout le monde joue perdant... a suivre!